La Périploque de Grèce ressemble à une petite étoile violette. Vous la trouvez charmante au premier regard. Pourtant, elle étouffe désormais des arbres et transforme des marais du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Il y a urgence à comprendre et agir.
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Une plante méditerranéenne qui change de statut
Originaire des rivages de la Méditerranée, en particulier de Grèce et d’Italie, la Périploque a longtemps été rare. Dans certaines régions d’Italie, elle bénéficiait même d’une protection. Aujourd’hui, elle gagne du terrain. Elle s’installe sur les berges du Rhône, de la Durance et des Sorgues. Les hivers plus doux lui conviennent. Elle devient plus résistante et plus présente.
À quoi la reconnaît-on ?
Ses fleurs sont petites, en forme d’étoile et de couleur violette. Au départ, la plante rampe sur le sol. Puis, une fois mature, elle s’enroule autour des troncs et des arbustes. Elle peut atteindre jusqu’à quatre mètres de hauteur. Elle aime les sols sableux et les lieux exposés au soleil. Les abeilles apprécient ses fleurs. Mais cette beauté cache un effet destructeur.
Comment elle se propage
La Périploque diffuse ses graines facilement. Le vent les transporte. L’eau aussi joue un rôle majeur. Dans les zones humides, les graines voyagent loin. Elles peuvent coloniser des sites réhabilités pour gérer les crues. Sur le Marais du Planas, à Pujaut, des naturalistes ont constaté un changement rapide du paysage. Là où la végétation locale dominait, la liane gagne désormais la partie.
Les conséquences pour les zones humides
Quand la liane grimpe, elle bloque la lumière. Les arbres et les arbustes se retrouvent étouffés. La biodiversité locale baisse. Les espèces protégées et les jeunes pousses sont menacées. Les zones humides sont déjà fragiles. Elles subissent l’urbanisation et le changement climatique. Ajouter une plante envahissante aggrave la situation. Gilles Blanc, naturaliste au Conservatoire d’Espaces Naturels PACA, parle même du surnom « bourreau des arbres » pour souligner le danger.
Pourquoi la lutte est difficile
La plante se montre tenace. Sa capacité à se propager par l’eau multiplie les points d’invasion. Elle se développe vite et peut rester discrète au début. Quand on la découvre, elle a souvent déjà pris pied sur plusieurs supports. De plus, supprimer les fragments de plante sans précaution risque d’aider sa dispersion. Les actions demandent donc méthode et persévérance.
Que peut-on faire ? Mesures de gestion
Il existe des gestes simples et d’autres plus techniques. Ils demandent coordination entre associations, collectivités et propriétaires privés.
- Surveillance : repérez les colonies tôt. Agissez avant la floraison pour limiter la production de graines.
- Arrachement manuel : arrachage des jeunes plants avec leurs racines. Évitez de laisser des fragments sur place.
- Coupe régulière : couper les tiges avant qu’elles ne grimpent et fleurissent. Renouvelez l’opération pendant plusieurs années.
- Élimination contrôlée : brûler ou mettre en décharge agricole les parties végétales. Ne pas les composter ni les laisser flotter sur l’eau.
- Restauration : replanter des espèces locales pour reprendre l’espace et limiter la réinvasion.
Comment vous pouvez aider
Si vous travaillez près d’une zone humide, surveillez la présence de cette liane. Signalez les observations aux services locaux ou au Conservatoire d’Espaces Naturels PACA. Evitez de déplacer du sol ou des souches sans contrôle. Et si vous intervenez, faites-le en équipe et sur plusieurs saisons.
Un appel à la vigilance
La Périploque de Grèce vous séduit peut-être par sa fleur. Mais elle transforme des milieux fragiles en monocultures sans relief. Les spécialistes comme Gilles Blanc tirent la sonnette d’alarme. Sans action, l’équilibre des zones humides du Vaucluse et des territoires voisins risque de se dégrader encore.
Pour suivre les travaux et les campagnes de gestion, consultez le Conservatoire d’Espaces Naturels PACA. S’informer et agir localement reste la meilleure arme contre cette plante envahissante.


